Vendredi 18 novembre 2011
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Monsieur le président, mes chers collègues,
Avec la création du Pôle Métropolitain Loire-Bretagne, il est dit que les agglomérations « relèvent encore mieux et ensemble les défis de la compétitivité européenne et de la cohésion
économique, sociale et territoriale et qu’elles améliorent ainsi leur rayonnement ».
Nous pensons que la région est le meilleur moyen, dans le cadre de politiques publiques de gauche, d’assurer l’équité entre les habitants, que c’est le bon espace régulateur des inégalités
sociales, territoriales et économiques.
Pour nous, Union Démocratique Bretonne, la Bretagne est l’espace vécu du peuple breton : c’est ce qui nous motive à promouvoir l’idée d’autonomie régionale dans le cadre d’un fédéralisme
différencié pour la République française.
Nous constatons que l’identité bretonne est une identité qui mobilise, qui engendre des initiatives de développement en région, en prospective ou vers l’international. Nous voyon stous les jours
que cette identité est un facteur de solidaristé et de cohésion sociale ; le soutien de la Brittany Ferries au chantier naval de la Sobrena en est un exemple récent.
Le nombre d’associations de Bretons hors de Bretagne, ou de cercles bretons liés à des intérêts économiques ou sociaux en est aussi l’illustration.
Quels effets mobilisateurs aura un pôle métropolitain sur ce que certains appellent des agents économiques et que nous appelons des Bretons ?
Nous affirmons que s’il existe un pôle métropolitain conséquent, il a pour nom Bretagne, il compte 4,3 millions d’habitants et bénéficie, comme la Catalogne ou l’Écosse, d’une aura internationale
que n’a pas, et que n'aura jamais l’ouest, ce point cardinal, encore promu dans ces statuts qui nous sont proposés.
Car elle, la Région, prend en compte les zones rurales, les zones urbaines et rurbaines. Car elle prend en compte les grandes et les petites villes de Bretagne. Comprenez que le pôle
métropolitain efficace, c’est l’échelon régional breton, chef de file des collectivités territoriales pour la conduite des projets d’envergure.
En effet, on nous parle dans ces statuts « d’un grand territoire » : nous disons que le territoire des cinq agglomérations ne représente qu’une fraction du territoire régional
d’une part, et que nous aimerions y voir participer les agglomération
s de Quimper, Saint-Brieuc, Lorient ou Vannes.
Nous regrettons qu'en ces temps difficiles où les peuples d’Europe ont le sentiment d’être dépossédé de leur pouvoir démocratique à cause de la crise financière que connaissent les États, il nous
est proposé la création d'une nouvelle institution, pièce supplémentaire du millefeuille administratif français.
Nous compreno
ns bien la logique qui sous-tend ce projet : ses compétences notamment dans l’enseignement supérieur, qui est un secteur qui connaît une compétition globale, et la volonté de répondre à des
appels à projets nationaux ou européens conduisent à adopter une logique de compétitivité.
La réforme territoriale est déjà basée sur la compétition des territoires. Ce projet sous prétexte de renforcer plusieurs de nos agglomérations bretonnes, amplifie ce phénomène de concurrence
entre les territoires de la République, au détriment de l’échelon régional, ou d’autres agglomérations en Bretagne. Nous ne pouvons l’accepter.
Que les villes de Rennes, Nantes-Saint-Nazaire et Brest échangent et coopèrent est une bonne pratique à développer, dont nous nous félicitons. Elle le font d'ailleurs au sein de la Conférence
territoriale de Bretagne créée par Jean-Yves Le Drian en 2004.
Cependant, les pôles métropolitains ont une autre logique que la logique régionale : elle fait disparaître cette solidarité consentie entre les territoires ruraux et les espaces urbains,
entre les métropoles régionales et les agglomérations plus petites.
Monsieur le président, mes chers collègues, les objectifs de collaboration et de coopération qui nous sont proposés ce soir, l'UDB y est bien sûr favorable, mais nous disons qu'il n'est pas
nécessaire de créer une institution supplémentaire pour les atteindre.
C’est pourquoi je m'abstiendrai.
Je vous remercie.
Eliane LECLERCQ
Elue communautaire VDR