On parle souvent de l'exemplarité de Rennes dans des domaines variés, tels que les nouvelles technologies, les équipements de quartiers, la vie associative, la politique culturelle, et c'est justifié.
Mais il ne faudrait pas oublier les domaines dans lesquels les Rennais attendent encore des progrès. Nous pensons aux questions de gouvernance territoriale - à l'échelle de la ville, de l'agglomération et de la Bretagne - ; nous pensons aux efforts nécessaires pour préserver et revaloriser l'environnement à Rennes et, enfin, pour confirmer la Ville dans la voie du progrès social. Nous devons répondre à ces défis.
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En premier lieu, l'UDB pense que la Ville de Rennes doit s'interroger sur son modèle de développement territorial et sur les équilibres de territoires dans lesquels elle s'insère.
Pour que le slogan "Rennes, capitale régionale" ne soit pas vide de sens, il est essentiel de penser le dynamisme économique et le développement urbain de l'agglomération dans une optique de solidarité avec l'ensemble de la Bretagne, afin d'éviter un déséquilibre Est-Ouest qui serait source de tensions.
L'affirmation du rôle moteur de Rennes pour le développement économique de la région doit donc continuer à s'inscrire dans une dynamique de rencontres avec les autres collectivités de la Bretagne administrative, pour assurer l'articulation territoriale vers l'ouest et la Bretagne intérieure.
Cette cohérence territoriale peut d'ailleurs s'appuyer sur la cohérence politique qu'ont permis largement les dernières élections, et elle passe par un renforcement des coopérations en particulier avec Brest et le réseau des villes moyennes.
Notre ville doit aussi se tourner vers Nantes, capitale historique, et développer des coopérations multiples. En effet, les deux villes ont une responsabilité particulière pour un aménagement équilibré et solidaire de l'ensemble du territoire breton. L'UDB salue donc la volonté exprimée dans le programme municipal de "travailler avec l'agglomération nantaise à un schéma commun de développement".
L'UDB sera ainsi particulièrement attentive aux démarches concrètes qui seront proposées à la Ville de Nantes pour avancer sur des dossiers comme la liaison ferrée rapide Rennes-Nantes via Notre-Dame des Landes, par exemple.
Alors que se succèdent les plans de "réorganisation" des services publics, décidés de manière unilatérale par le Gouvernement, l'UDB rappelle l'importance pour la Gauche de faire entendre la voix des territoires. Même quand les fermetures d'hôpitaux ou de tribunaux ne nous concernent pas directement, il faut que la solidarité joue, car cela paye - comme à Carhaix. Nous n'avons rien à attendre de la Droite qui casse ; en revanche une politique territoriale de gauche, ça fonctionne : regardez la politique des transports en Bretagne ! Le bilan est largement positif et nous devons veiller à ce que cette politique reste un outil de solidarité territoriale.
Pour une "République des territoires" crédible, nous ne pouvons qu'inviter la municipalité rennaise à exprimer son soutien à une nouvelle phase de décentralisation, où les transferts de compétences accompagnés financièrement, ainsi que le droit à l'expérimentation pourront permettre des innovations sociales et la reconnaissance de la diversité des territoires. Espérons que le nouveau Sénat qui sera élu le 21 septembre saura nous conduire dans cette voie.
Le développement de l'intercommunalité et la mutualisation des moyens sont, pour l'UDB, de nouvelles opportunités pour rendre l'action publique locale plus forte et plus efficace.
Le groupe UDB soutiendra donc les initiatives qui pourront être prises pour accroître la légitimité démocratique de Rennes Métropole en diversifiant ses composantes politiques, y compris majoritaires, pour clarifier les compétences entre commune et intercommunalité, et pour faire évoluer le mode d'élection des conseillers communautaires.
En complément, il faut que se mette en place une réflexion sur l'équilibre intercommunal que nous voulons pour Rennes Métropole, afin d'éviter une concentration systématique d'activités et d'équipements dans la ville-centre et une segmentation fonctionnelle qui pénaliserait les communes périphériques.
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Rennes doit concrétiser son ambition d'être une "ville écologique" exemplaire. Au-delà des propositions du Programme municipal, qui doivent être suivies d'effet au plus vite, l'UDB souhaite proposer de nouvelles mesures pour avancer de façon pragmatique.
Ainsi, il est temps de doter Rennes d'un programme de développement durable ambitieux pour avancer vers le progrès social, la préservation de l'environnement et une économie plus responsable, en repensant nos modes de gouvernance territoriale.
Pourquoi se contenter d'un Agenda 21 à l'échelle de la Métropole ? C'est bien entendu nécessaire, mais la démarche aurait bien plus de poids et de visibilité si elle était déclinée aussi dans les communes, à commencer par Rennes. Cela assurerait la crédibilité de la démarche de développement durable dans le bassin rennais ; pour information, c'est ce que les communes de l'agglomération nantaise ont fait.
Et pour entamer la réflexion de manière concrète, nous souhaitons formuler des remarques sur plusieurs points évoqués pendant la campagne.
Pour que Rennes devienne demain une « ville solaire », pourquoi ne pas commencer dès maintenant à équiper les bâtiments communaux de panneaux solaires? Pour l'UDB, "la meilleure manière de dire, c'est faire" : l'exemple que donnera la municipalité sera le meilleur moyen pour inciter les Rennais à adopter les énergies renouvelables.
Le nouveau plan vélo a été annoncé, et l'on ne peut que saluer cette initiative pour que Rennes redevienne pionnière en la matière. Nous accorderons donc toute notre attention à l'augmentation du nombre de vélos et de stations.
En ce qui concerne la gestion de l'eau, l'UDB est en accord avec d'autres composantes de la majorité rennaise sur le principe de la municipalisation de la gestion de l'eau.
Enfin, au-delà de la réflexion nécessaire sur l'ouverture de nouveaux espaces verts et sur la préservation des grands sites verts de la ville, la cohérence voudrait qu'on pose aussi, comme critère de première importance dans les choix des aménagements urbains, la préservation des espaces naturels moins étendus mais essentiels dans leurs fonctions paysagères et de corridors écologiques.
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Le groupe UDB réaffirme la nécessité de confirmer Rennes, pendant le mandat, dans la voie du progrès social, valeur à laquelle toutes les composantes de notre majorité sont attachées.
Le contexte national n'est malheureusement pas le plus favorable pour assurer l'équité sociale, les politiques gouvernementales ayant des répercussions douloureuses sur les collectivités et les citoyens.
L'actualité nous le montre : si la décision de financer le RSA (Revenu de solidarité active) en taxant le capital peut être vue comme un moindre mal, ce sont en fait les revenus moyens qui seront assujettis à cette forme d'impôt de solidarité et pas les plus haut revenus, qui sont protégés par le fameux "bouclier fiscal".
La justice sociale n'est toujours pas au rendez-vous, et c'est de fait aux collectivités, interfaces avec les citoyens, qu'il revient aujourd'hui de faire face à cette casse sociale. La Ville de Rennes doit donc s'attacher à s'opposer à cette politique d'inspiration néolibérale qui fragilise son tissu social.
Pour l'UDB, faire réellement de Rennes une "Ville pour tous" suppose aussi que la municipalité reste vigilante à la condition des habitants les plus vulnérables, par exemple les personnes sans-papiers, et qu'elle continue de protéger fermement la liberté d'expression à Rennes.
Une "Ville à vivre" passe aussi par une administration moderne et soucieuse des citoyens, qui leur facilite les démarches et les accompagne, en particulier grâce aux technologies de l'information. L'expérimentation Bluerennes va dans ce sens, mais il est nécessaire de travailler encore à développer l'offre de services en e-administration.
Une ville où chacun trouve sa place, quelle que soit son origine, est pour l'UDB une ville où la diversité linguistique est un atout, une ville où les langues de Bretagne, le breton et le gallo, mais également les langues de communication internationale des étudiants et des chercheurs, les langues des migrants, se marient et se complètent en harmonie. La cohésion sociale passe aussi par la reconnaissance des expressions et identités culturelles des citoyens.
C'est parce que nous croyons que savoir d'où l'on vient et connaître ses racines permet de mieux comprendre l'autre que nous voulons que Rennes soit véritablement une "Ville ouverte sur le monde et sur la Bretagne". Pour rester crédible quand nous exprimons notre solidarité avec les expressions culturelles minoritaires à l'étranger, comme au Tibet, nous devons commencer par promouvoir la diversité culturelle à notre échelle.
Pour ces raisons, la municipalité doit assumer pleinement sa responsabilité auprès des Rennais par un geste politique fort : en s'engageant rapidement à passer au niveau 2 de la charte Ya d'ar brezhoneg par exemple. L'ancien maire avait très justement déclaré en janvier dernier : "C'est le rôle de la Ville de Rennes de diffuser la langue d'une région dont elle est la capitale".
Nous pensons que la réalisation de grands aménagements devrait permettre, de manière naturelle, la mise en place d'une signalétique multilingue faisant une place au breton et au gallo mais aussi à l'anglais, par exemple au Liberté, sur la 2e ligne de métro ou dans le futur Centre de Congrès.
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Pour conclure, notre ville est riche d'un patrimoine, de patrimoines matériels, immatériels, vivants... Nous avons le devoir de les valoriser, ils sont la richesse et la cohérence de nos territoires.