Partager l'article ! Conseil municipal de Saint-Malo : déclaration de Joel Martini le 6 mars 2009: Vente de 10 logements sociaux locatifs à Saint-Servan centre  ...
Vente de 10 logements sociaux locatifs à Saint-Servan centre : où est la cohérence ?
Le 6 mars dernier, la majorité du conseil municipal de Saint-Malo, a donné, suite à la demande de la SA HLM LA RANCE, son accord à la mise en vente de 10 logements sociaux locatifs à Saint-Servan centre.
En tant que conseiller municipal UDB de l’opposition, j’ai, par deux fois en commission, puis en séance du conseil municipal, manifesté mon désaccord profond envers cette décision.
Certes, ces logements, héritage de la politique urbaine de la fin des années 60, sont disséminés dans des immeubles anciens et cette dissémination engendre un surcoût de gestion lié à la copropriété. Cependant, ce surcoût n’est rédhibitoire étant donné qu’il permet une mixité sociale dans un quartier central où le nombre de résidences secondaires est de plus en plus important.
En effet, si la loi du 21 juillet 1994 permet aux offices d’HLM de mettre en vente des logements sociaux, sous certaines conditions, il n’en demeure pas moins que cette loi est particulièrement inadaptée à la réalité des villes touristiques et balnéaires qui doivent faire face à une spéculation immobilière importante ayant pour conséquence une augmentation du nombre des résidences secondaires.
Cette décision va à l’encontre de la politique menée depuis 30 ans visant à revitaliser les anciens centres urbains ; elle va, aussi, à l’encontre de la volonté affichée par le maire, et rappelée lors du débat d’orientations budgétaires, de développer l’offre de logements locatifs sociaux intra-muros afin d’y maintenir une population résidente. Ce qui est bon pour l’intra-muros ne le serait-il plus pour Saint-Servan centre ?
Pourquoi définir et faire voter le 3 juillet 2008 un périmètre de sauvegarde du commerce et de l’artisanat de proximité, si dans le même temps tout n’est pas mis en œuvre pour garder et développer une population résidente à l’année dans des anciens centres.
De plus, on ne peut s’empêcher de faire le rapprochement avec l’objectif du gouvernement de mettre en vente 140 000 logements sociaux locatifs entre 2008 et 2010 ; cet objectif est loin d’être atteint lorsque l’on sait que depuis 1998, le nombre de ventes se situe entre 3800 et 4900 par an (chiffre atteint en 2007). Même si pour l’année 2008, le chiffre tourne autour de 6000 et 7000, la volonté affichée par le gouvernement se heurte à une dure réalité : insuffisance persistante du parc locatif social et pouvoir d’achat en berne des plus démunis, cause du peu de succès de cette politique.
Enfin, l’accession sociale à la propriété est un droit que la gauche défend mais celle-là ne doit pas se faire au détriment de l’offre de logements sociaux en centre ville, sans quoi les populations les plus défavorisées seront reléguées à la périphérie avec comme conséquence un coût social et économique du fait de l’étalement urbain.
Joël Martini, conseiller municipal (Union Démocratique Bretonne)